Dissonance cognitive : votre cerveau est magicien

Vous avez déjà ressenti cette désagréable sensation lorsque vous faites quelque chose qui n'est pas en accord avec ce que vous pensez : lorsqu'on vous force la main, que l'on vous confie une tâche ingrate ou qui va à l'encontre de vos principes… Saviez-vous que l'état de tension psychologique dans lequel vous vous trouvez alors s'appelle la dissonance cognitive ?

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Un objectif : réduire la dissonance cognitive

Développée en 1957 par le psychologue américain Léon Festinger, cette théorie démontre que votre cerveau va naturellement chercher à réduire la dissonance cognitive pour retrouver un équilibre psychique qui vous convient.

Vous pouvez alors développer plusieurs mécanismes pour y parvenir.

Le changement d'attitude

Le concept qui a inspiré "l'effet Benjamin Franklin". Au cours de son parcours politique, Benjamin Franklin s'est fait un ennemi de taille, un féru de littérature. Pour regagner ses faveurs, l'homme politique lui a demandé de lui emprunter un de ses plus précieux ouvrages. Ne pouvant refuser, l'opposant s'est retrouvé contraint de réduire cette dissonance cognitive et a revu son jugement sur son compère. Finalement, Franklin lui a rendu le livre avec un mot de remerciement. C'est ainsi que les deux hommes sont devenus amis.

La rationalisation en acte

Il s'agit ici d'une forme d'escalade de l'engagement. Pourquoi certains chefs d'état prennent la décision d'envoyer plus de troupes se battre en temps de guerre alors que l'opération est un échec et que les pertes humaines sont déjà nombreuses ? Pour que toutes ces pertes n'aient pas été "en vain". La rationalisation en acte est une forme de réduction de la dissonance cognitive qui, pour justifier un premier acte, vous fait accepter un deuxième acte encore plus couteux.

La trivialisation

Si vous êtes fumeur, vous savez que fumer est dangereux pour la santé mais vous allez chercher à diminuer l'importance perçue de ce décalage en considérant par exemple que vous êtes trop jeune pour avoir un cancer, que fumer vous permet de vous détendre ou de ne pas prendre de poids…

Vous en avez rarement conscience mais votre cerveau cherche constamment à vous protéger. Mais quand il le fait sans vous demander votre avis, il ne choisit pas toujours la bonne méthode.

Quand le cerveau joue les magiciens

C'est un fait, votre cerveau vous bluffe parfois. Il met en place des réflexes mentaux, ces fameux biais cognitifs, et vous ne vous en rendez pas toujours compte. Les conséquences sur votre jugement diffèrent en fonction du contexte.

Le psychologue Albert Moukheiber vous explique en quelques minutes comment et pourquoi votre cerveau réagit ainsi à travers un exemple original : un tour de magie qui n'en est pas vraiment un !

Ce biais de sélection et de confirmation peut avoir des conséquences néfastes sur votre impartialité. Vous avez tendance à toujours chercher à confirmer ce que vous pensez déjà savoir. Pour cela vous sélectionnez vos sources d'informations en fonction de vos opinions, de vos croyances. Mais ce comportement vous enferme dans une connaissance limitée et vous ne disposez parfois pas assez d'éléments pour avoir un jugement fiable et prendre des décisions pertinentes.

La solution pour y faire face est simple : prenez du recul sur ce que vous croyez savoir, ouvrez votre esprit à d'autres opinions, élargissez vos sources d'informations.

En bref, sortez de votre zone de confort, acceptez d'avoir tort et confrontez-vous à d'autres réalités.