Écriture inclusive : des hauts et des bas, mais surtout des débats !

8 mars 2020. Journée Internationale des droits des femmes. Une chose est sûre, les sujets autour de l'égalité homme-femme n'en finissent pas de déchaîner les passions et de faire couler l'encre. Et pourtant, nombreux sont ceux qui s'accordent à penser que le masculin ne "l'emporte plus" systématiquement sur le féminin. C'est souvent dans la concrétisation de ce précepte que les avis divergent. Prenez l'écriture inclusive par exemple. Quel rapport ? Suivez-moi…

Écriture inclusive : vers une égalité homme-femme ?

Le débat autour de cette devenue très célèbre écriture épicène n'est pas de savoir s'il faut oui ou non mettre en œuvre des actions pour établir une réelle égalité « homme-femme ». Les écarts se creusent davantage pour déterminer si cette mesure permet véritablement d'atteindre l'objectif fixé.

Parmi ceux qui répondent à cette question par la négative, certains avanceront le fait que la mise en œuvre de l'écriture inclusive dénature et nuit à la lisibilité de notre belle langue française.

Chacun a, par exemple, son avis sur l'utilisation du point median, ce signe graphique représenté par un "·", une barre d'exclusion "/" ou encore un trait d'union "-" :

"S'agissant de l'écriture inclusive, les français·es sont divisé·es."

Cela dit, le point milieu n'est pas la seule modalité possible et c'est prendre un raccourci que de limiter l'écriture inclusive à ce signe distinctif.

Le point médian et l'écriture inclusive
Directeur·rice
Français·e·s
Nombreux·ses
Tou·te·s

Mais alors, qu'est-ce qu'on peut faire ?

Et oui, il existe d'autres alternatives au point médian qui permettent tout de même d'obtenir une langue française plus neutre.

La féminisation

Il s'agit tout simplement de féminiser les titres. C'est ainsi que nous pouvons aujourd'hui parler d'une juge, d'une agricultrice, d'une chirurgienne, d'une auteure (ou autrice pour les plus puritains d'entre nous).

Le doublet

En d'autres termes, le "pourquoi choisir" ? N'hésitez pas à parler de vos "lecteurs et lectrices" ou encore de vos "collaboratrices et collaborateurs".

Les termes épicènes

Aussi appelés les singuliers collectifs. Ne dites plus "Les directeurs ont décidé d'investir" mais plutôt "Les membres de la direction ont décidé d'investir" ou "La direction a décidé d'investir".

L'accord de proximité

Il s'effectue avec le terme le plus proche. Par exemple "Bonne journée à ceux et celles que je n'ai pas encore saluées". Il s'agit d'un accord ancien que l'on retrouve dans une littérature plus lointaine.

L'accord de majorité

C'est le fait d'accorder les mots avec celui qui exprime le plus grand nombre. C'est le cas par exemple de "Un couteau et des fourchettes sont déposées sur la table".

L'accord de choix

Mon préféré ! Laisse tout simplement la possibilité à l'auteur·e de choisir la manière d'accorder.

Les façons d'inclure le féminin dans le langage français sont finalement multiples et variées, cela reste une question de choix. Mais est-ce la condition nécessaire et suffisante pour parvenir à établir une égalité entre les hommes et les femmes ?

ecriture-inclusive

Changeons notre manière de penser, le langage suivra de lui-même…

Alain Rey, linguiste et cofondateur du Petit Robert, a dit :

"On n'agit pas sur les idées en agissant sur la langue. Je pense qu'il faut d'abord s'occuper de la mentalité collective. Il faut commencer par changer notre manière de penser. Quand cette dernière aura changé, on pourra alors, peut-être, envisager de changer les manières d'expression".

Et si la vraie solution avant de modifier notre langage c'était déjà de prendre conscience que le monde a changé et évolue encore ?

Prenez l'exemple du terme "Patrimoine" qui définit les biens qu'on acquière de ses ascendants par héritage. Aviez-vous déjà réalisé que l'étymologie de ce mot signifiait "l'ensemble des biens, des droits hérités du père" ? Notre langue a été masculinisée au fil du temps, c'est indéniable. Mais comme nous l'avions vu dans notre article sur les mots anciens, le langage évolue. Et aujourd'hui, on voit même naître l'expression "Matrimoine" pour exprimer un héritage laissé par des femmes. Et qui sait, peut-être que ce mot sera parmi les prochains à apparaître dans le Larousse !

Une langue est vivante parce qu'elle évolue avec la société qui l'utilise, mais c'est un processus qui demande du temps, soyons patients.